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Formes et signification des offrandes dans les sanctuaires de divinités féminines et dans les tombes

Équipe pour la coroplathie : Stéphanie Huysecom-Haxhi, Bélisa Muka, Arthur Muller, Marion Muller-Dufeu

Partenaires pour la céramique : Jacky Kozlowski, Anne. Tichit, Edi. Shehi

Partenaires privilégiés : École française d'Athènes, Institut d'Archéologie de Tirana (Albanie)

Ensembles votifs. La réflexion porte sur les terres cuites figurées et sur les vases, à partir des ensembles dont les membres de l’équipe ont la charge à Thasos (Thesmophorion, Athénaion, Artémision, sanctuaires d’Aliki, Hérakléion) et Dyrrhachion (Artémision), et ailleurs encore (Kyrrha). Il s’agit de s’interroger sur la place des divers types d’offrandes en terre cuite dans le mobilier archéologique, sur la signification des images dont ces types sont les supports, et sur les informations que ces images peuvent nous transmettre non seulement sur les dédicant(e)s par qui ou pour qui elles ont été apportées dans le sanctuaire, mais aussi sur la personnalité de la divinité ainsi honorée. Plus précisément, l’équipe mettra systématiquement à l’épreuve des faits la clef de lecture qu’elle a récemment proposée, et qui a permis l’identification de l’Artémision de Dyrrhachion d’après le faciès des offrandes d’abord, la confirmation épigraphique ne venant qu’après : les types d’offrandes majoritaires aux vie et ve s. (dame trônantes, korai debout, et leurs versions abrégées que sont les protomés, voilées ou non) sont des représentations non de la divinité dédicataire sous une forme « générique », mais bien celles des mortelles qui font l’offrande, sous une forme conventionnelle qui met l’accent sur leur statut de jeune fille nubile, ou d’épouse, ou de mère. Contrairement à ce qu’admettent implicitement la plupart des chercheurs, il n’y aurait donc pas de changement de pratique votive dans le courant du ive s., date à partir de laquelle tout le monde s’accorde à reconnaître une majorité de représentations de mortelles dans le répertoire plus varié et différencié de la coroplathie votive.
Quant aux vases recueillis en quantités dans les sanctuaires, il s’agit avant tout d’examiner leur signification, votive ou fonctionnelle (vaisselle du banquet), et éventuellement d’examiner leur iconographie. à l’Artémision de Dyrrhachion, l’équipe a entrepris la publication systématique de l’ensemble des offrandes recueillies dans le dépôt votif : figurines, mais aussi fragments sculptés, monnaies, vases, instrumentum. À Thasos, l'étude de la céramique recueillie à l'Hérakleion (A. Tichit) permettra d'enrichir la discussion.

Mobilier funéraire. La réflexion sera étendue ensuite aux autres contextes dans lesquels on recueille les mêmes catégories de mobilier, en particulier les contextes funéraires, même si les statuettes sont nettement moins nombreuses dans les tombes que le laisseraient entendre certaines publications. On pourra aborder le problème du rapport entre les images et les défunts, en essayant de voir si les premières peuvent nous révéler des informations sur les seconds (genre, âge, sexe, statut social). Les premières études ponctuelles proposées par certains membres de l’équipe ont montré qu’en contexte funéraire, et pour les périodes archaïque et classique, les terres cuites étaient surtout (mais pas exclusivement) une offrande destinée aux enfants et aux jeunes gens. On remarquera également que les types iconographiques sont les mêmes que ceux que l’on rencontre le plus fréquemment dans les sanctuaires de divinités féminines, en particulier courotrophes et dispensatrices de fécondité. On s’interrogera donc sur les raisons de la présence des mêmes types dans des contextes si différents : une interprétation unique, quels que soient les contextes, est-elle possible, et la clef de lecture proposée pour les sanctuaires est-elle opérationnelle pour la tombe ? Quelles sont les circonstances de la déposition de ces objets de terre cuite dans les sanctuaires et pourquoi les retrouve-t-on aussi dans les tombes d’individus jeunes, ces enfants et ces adolescents, morts avant d’avoir pu accéder au mariage ? Les terres cuites peuvent-elles jouer le rôle de substituts ? Peuvent-elles être interprétées comme des marqueurs de ce qu’ils auraient dû obtenir, du statut auquel ils auraient dû accéder, si une mort précoce ne les en avait pas privés ? Les recherches récentes tendent en effet à mettre en relation la présence de terres cuites dans les tombes avec les rites de passage et surtout le mariage : le jeune recevra dans la mort ce qu’il n’a pu avoir dans la vie.

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