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Terres cuites votives à Érétrie

Responsables : Sandrine Huber, Pauline Maillard

Partenaire privilégié :  École suisse d’archéologie en Grèce

Ce programme s’insère dans le cadre d’une étude en cours, sous l’égide de l’École suisse d’archéologie en Grèce, consacrée aux sanctuaires et aux cultes à Érétrie, sur l’île d’Eubée. Les fouilles archéologiques conduites à Érétrie de manière intermittente depuis plus d’un siècle ont mis au jour une dizaine de lieux de culte urbains, dont la chronologie s’échelonne entre le VIIIe siècle avant J.-C. et le IVe siècle de notre ère. Les données livrées par ces sanctuaires, dont on a pu parfois identifier la divinité et qui furent fréquentés à des périodes très variables, sont de qualité et quantités inégales, ce qui résulte tant de leur histoire – durant leur fréquentation, mais également après leur abandon – que des techniques de fouilles mises en œuvre pour leur dégagement ; il s’agit désormais de réunir – et distinguer si nécessaire –, pour chacun de ces lieux de culte, les informations livrées par leur exploration et qui peuvent nous renseigner sur leur histoire, leur fréquentation, enfin et surtout sur les rites qui y étaient célébrés. Plusieurs ensembles coroplathiques recueillis dans ces sanctuaires ont fait l’objet de publications, mais sans qu’une réflexion comparative ne soit portée sur les spécificités techniques, iconographiques et stylistique des types recueillis dans les différents espaces sacrés.

Le premier axe du programme est consacré aux terres cuites votives mises au jour dans le sanctuaire d’Athéna, découvert récemment au sommet de l’acropole.
Le riche corpus de terres cuites offertes à Athéna suscite, à plus d’un titre, un regain d’intérêt pour l’étude des figurines en terre cuite dans les espaces sacrés érétriens. Il témoigne de l’importance qu’occupait le culte de la déesse à Érétrie et constitue une des seules sources documentaires dont nous disposons pour définir la personnalité de la déesse adorée par les Érétriens sur leur acropole depuis la fin du VIIe siècle jusqu’au IIe siècle avant notre ère. Les spécificités des terres cuites votives recueillies dans l’un ou l’autre des sanctuaires, la récurrence de types dans plusieurs lieux de culte ou, au contraire, l’absence de types dans certains sanctuaires, voire la quasi-absence de terre cuites votives dans d’autres apportent de précieuses informations sur les cultes pratiqués dans la cité eubéenne ; les particularités techniques, iconographiques et stylistiques du faciès restitué dans chaque cas constituent aussi des éléments fondamentaux pour notre connaissance de la fréquentation des espaces sacrés de la cité.

Les statuettes se distinguent avant tout par leur caractère hétéroclite : la grande variété des types iconographiques rencontrés nous ouvre à plusieurs modes d’interprétations des images, tout en attestant d’une continuité de culte importante sur le plateau sommital de l’acropole ; bien qu’échelonné dans le temps, le matériel coroplathique s’articule autour d’une thématique ciblée, puisqu’il se compose de nombreux modèles exclusivement féminins. La prépondérance de types iconographiques bien établis (femmes assises, jeunes filles debout) et l’exclusion apparemment systématique d’éléments masculins et animaux sont autant d’éléments permettant une caractérisation de l’identité de la déesse adorée et de ses dédicants. Cette étude iconographique permettra une meilleure définition des productions coroplathiques eubéennes, ainsi qu’une mise en valeur des techniques de moulage d’argile utilisées par les artisans érétriens. Il s’agit également de mettre en exergue différents réseaux d’importations, notamment à partir des régions voisines telles que l’Attique et la Béotie.

Les recherches coroplathiques à venir s’intéresseront en outre aux questions relatives au traitement de l’objet votif. L’état de conservation du matériel variant de manière significative selon les époques, ce dernier suscite de nombreuses interrogations quant au conditionnement subi par l’offrande de son arrivée au sanctuaire jusqu’à sa mise au rebut.

Aux côtés de ce riche mobilier coroplathique, la présence de reliefs en terre cuite – plaques votives et éléments de décor architectonique figurant notamment des éphèbes cavaliers et fantassins – confirment, s’il était besoin, qu’Athéna était aussi – et peut-être principalement – honorée à Érétrie pour sa fonction universelle de gardienne des citadelles.

 

Légende des figures
Fig. 1 : Sanctuaire d’Athéna, tête féminine fragmentaire coiffée d’un polos élevé, VIe siècle avant J.-C. (cliché ESAG, Andreas Skiadaressis)
Fig. 2 : Sanctuaire d’Athéna, tête féminine fragmentaire à large voile, fin du VIe siècle avant J.-C. (cliché ESAG, Andreas Skiadaressis)
Fig. 3 : Sanctuaire d’Athéna, fragment de plaque votive (frise architectonique ?), VIe siècle avant J.-C. (cliché ESAG, Sandrine Huber)

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