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Recherches sur la coroplathie d’Illyrie méridionale et Épire du nord

Responsable : Bélisa Muka

Partenaire institutionnel : Institut d'Archéologie de Tirana (Albanie)

La coroplathie est une displicine pratiquement neuve dans la recherche archéologique albanaise dont la naissance et le développement sont aussi récents : en effet ils ne datent que d’après la deuxième guerre mondiale. En raison des priorités et de l’orientation de la recherche, établis à la suite de la guerre, la recherche archéologique était surtout concentrée sur des études traditionnellement considérées comme plus « importantes » : l’urbanisme, les fortifications, l’onomastique, etc... Cette orientation résultait naturellement du nombre considérable de cités que l’on explorait pour la première fois. Même lorsque la recherche a commencé à intégrer plus systématiquement l’étude des artefacts, les terres cuites figurées ont occupé une place très modeste par rapport à d’autres catégories de mobilier.

Dans la mince bibliographie qui les concerne, les figurines sont généralement traitées de façon sommaire. Il n’est presque jamais tenu compte du contexte des trouvailles. D’autre part, les publications sont toujours très évasives sur tous les aspects techniques en ignorant le détail des processus techniques qui permettent aujourd’hui de caractériser les productions. Enfin, en ce qui concerne la réflexion autour des problèmes de la fonction et de la signification des figurines, elle reste très limitée (ce qui n’est d’ailleurs pas spécifique aux études coroplathiques menées en Albanie), se bornant à diffuser une interprétation qui est malheureusement à l’origine de plusieurs erreurs ou du moins d’affirmations insuffisamment argumentées.

L’ouverture récente de l’archéologie albanaise, depuis le début des années 1990, a multiplié les contacts avec les équipes étrangères et les spécialistes de ce domaine précis de la culture matérielle antique, qui ont permis de cerner l’intérêt d’entreprendre, de façon globale et avec des méthodes actuelles, l’étude de l’ensemble des trouvailles qui peuvent être mises en relation avec la coroplathie.

Mes recherches sur la coroplathie tentent de mieux comprendre, de l’époque archaïque à l’époque hellénistique, l’artisanat de la coroplathie dans l’aire géographique illyrienne : techniques de fabrication, origine des types fabriqués localement, ateliers créateurs et dérivatifs, production autonome ou activité annexe des ateliers de potiers, échanges et circulation régionale des produits etc. Les outils conceptuels et les méthodes (établissement des séries de surmoulages successifs) développées depuis bientôt une vingtaine d’années par la recherche lilloise sur la coroplathie antique sont mis en œuvre systématiquement autant que possible.

À partir des contextes des trouvailles de terres cuites figurées (sanctuaires, nécropoles, habitats : il s’agit ici tantôt de cités grecques de la côte, comme Apollonia ou Dyrrhachion, tantôt de sites reconnus comme illyriennes de l’intérieur des terres), mes travaux s’attachent surtout à mieux comprendre la destination et la signification des figurines. Il s’agit d’utiliser la petite plastique, plus rapidement sensible que la grande aux diverses influences, comme un indicateur d’acculturation, de l’adoption en milieu illyrien de pratiques grecques, ou inversement, de transformations de pratiques grecques au contact illyrien.

Les recherches sur les terres cuites de type grec en Illyrie méridionale et en Épire ne tenteront pas de répondre au « dilemme » de toujours sur l’élément illyrien et grec dans la culture matérielle de l’aire géographique de l’Illyrie méridionale et de l’Épire. En revanche elles essaieront, dans la mesure du possible, à travers la petite plastique, de mieux comprendre l’adaptation des pratiques votives et funéraires grecques dans le milieu illyrien.

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