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Puniques, Grecs et Indigènes : échanges iconographiques et culturels en Méditerranée occidentale du VIe au IIe s. av. J.-C. Étude des témoignages coroplathiques

Responsable : Frédérique Horn

Le projet de recherche auquel je me consacre à présent porte sur les échanges iconographiques en Méditerranée occidentale, à partir de l’étude du matériel coroplathique : il répond à la volonté d’élargir les recherches menées dans le cadre de ma thèse de doctorat.

Le recensement exhaustif des terres cuites de l’espace ibérique entrepris dans ce travail était avant tout un moyen original pour aborder le sujet des échanges culturels en péninsule Ibérique préromaine. Afin de traiter l’ensemble des terres cuites de manière méthodique, j’ai élaboré une typologie inédite qui a permis non seulement d’apporter une réelle cohérence au corpus ibérique – en démontrant l’existence de séries et de styles locaux – mais aussi de replacer les matériels péninsulaires dans leur cadre méditerranéen. Cette étude détaillée s’articulait autour de trois questions principales :

– l’étude du matériel coroplathique au sein des installations non ibériques : les terres cuites grecques d’Ampurias et la coroplathie des centres phénico-puniques andalous ;
– l’analyse de l’usage, funéraire et cultuel, des terres cuites dans le monde ibérique ainsi que l’étude des ateliers producteurs indigènes ;
– l’exposition des relations existant, d’une part, entre terres cuites grecques et ibériques et, d’autre part, entre coroplathie phénico-punique et matériels indigènes.

De nouvelles pistes de recherche et conclusions ont été proposées dans ces trois domaines. Le haut degré d’innovation, de créativité et de retranscription atteint dans le domaine coroplathique par les peuples ibériques a notamment été mis en lumière. Par ailleurs, j’ai approfondi la question des échanges observables entre les différents matériels coroplathiques en y révélant le rôle joué par les Puniques. En effet, ces derniers sont à l’origine de la diffusion en péninsule Ibérique d’une grande partie des terres cuites importées et, à travers ces objets, d’un registre iconographique et stylistique permettant d’insérer l’Espagne dans une « communauté » méditerranéenne antique de l’image et de son support.

Ainsi, de la même manière, il me semble que la question des échanges iconographiques et culturels à l’échelle de la Méditerranée occidentale est indispensable ; cette étude doit cependant être abordée selon une problématique précise, avec des moyens et des outils parlants. Pour ce faire, les terres cuites me semblent être des témoignages de première qualité : supports d’images mais également objets de commerce, leur vocation principalement cultuelle les rend en outre représentatives d’usages privés et individuels souvent mal connus.

Le premier axe de ce projet de recherche porte sur l’établissement d’un corpus exhaustif des terres cuites puniques. En effet, une meilleure appréhension des symboles, des iconographies et, par là, des idées les sous-tendant passe obligatoirement par une connaissance précise de ce type de matériel. Après l’établissement d’une typologie uniformisée et d’un recensement exhaustif des terres cuites puniques de Méditerranée centrale, en prenant comme point de départ la typologie établie lors de mes recherches doctorales, je tente de définir de manière précise la nature et l’origine des motifs en circulation. J’aborde cette étape en deux temps, premièrement grâce à une étude des motifs orientaux et des racines phénico-égyptiennes de l’art punique et, deuxièmement, au moyen d’une analyse de l’influence hellénique. Cette recherche comporte donc une mise en perspective historique et archéologique exposant méticuleusement les différents types d’échanges privilégiés existant entre les communautés grecques et puniques. Par ailleurs, il est nécessaire d’entreprendre un catalogage systématique et chronologique des modèles iconographiques grecs, par atelier producteur et par aire d’expansion. Enfin, le recensement exhaustif des terres cuites puniques permet d’aborder un pan encore mal connu de l’économie punique, à savoir la question des ateliers, de leurs zones d’exportation et de leur domaine d’influence. L’ensemble de ce travail permet ainsi de retracer l’histoire et l’évolution de chacun des modèles iconographiques en circulation.

Le second axe de recherche est une réflexion, d’une part sur les relations punico-indigènes – rarement traitées contrairement aux rapports Grecs/non Grecs – et, d’autre part sur la diffusion des thèmes iconographiques dans les communautés autochtones.

Pour ce faire, je m’interroge sur les modes d’acheminements des modèles et des images, grâce à l’étude du commerce punique. Je m’arrête également sur la concordance entre schémas puniques et « besoins iconographiques » autochtones, en me concentrant tout particulièrement sur les choix iconographiques opérés par les populations locales. Enfin, l’étude est complétée par celle des échanges religieux ; en effet, les terres cuites sont avant tout des objets cultuels, retrouvés en priorité dans les nécropoles et les sanctuaires. Or, une utilisation commune par les Grecs, les Puniques et les Indigènes des mêmes motifs et d’une même iconographie – et donc d’un même système symbolique – offre la possibilité de mieux appréhender les différentes composantes des religions indigènes.

Les résultats de ces travaux permettront d’élargir les conclusions des recherches doctorales à l’ensemble de la Méditerranée occidentale et de compléter nos connaissances de la formation et de l’évolution de l’art punique.

Légende des illustrations
Fig. 1 : Figurine d’offrante au porcelet. Ampurias (Gérone, Espagne), 2e ½ ve s. av. J.-C. Importation de Grande Grèce.
Fig. 2 : Figurine féminine kourothrophe. Cabecico del Tesoro (Murcie, Espagne), fin IVe s. av. J.-C. Terre cuite ibérique : production locale d’un atelier ibérique de la province de Murcie.
Fig. 3 : Figurine de Bès. El Torreón (Malaga, Espagne). IVe – IIIe s. av. J.-C. Terre cuite punique d’importation.
Fig. 4 : Figurine masculine. La Algaida (Cadix, Espagne). Figurine de style punique, IIIe s. av. J.-C.
Fig. 5 : Brûle-parfums à figure féminine. Production ibérique sur modèle punique, IIIe s. av. J.-C. . La Albufereta (Alicante, Espagne)
Fig. 6 : Figurine féminine de production ibérique. La Serreta (Alicante, Espagne), Atelier local, IIIe – IIe s. av. J.-C.

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